Robert Morel
Collège
Arles
 

Des traitements ciblés grâce aux nanoparticules

jeudi 5 janvier 2017, par M. Dumas

Nanomédecine : des traitements ciblés grâce aux nanoparticules

Agir de façon purement physique sur le corps au moyen de nano-agents : une piste radicalement nouvelle pour affranchir la médecine de la complexité biochimique.

Les scientifiques aiment parler "d’un changement de paradigme" à chaque révolution conceptuelle dans un domaine. C’est probablement ce qui
est en train de se produire dans la recherche de nouveaux traitements, avec la nanomédecine de dernière génération.

Le principe est simple : introduire dans le corps des nanoparticules qui ont une action purement physique contre la maladie. Elles vont vibrer, chauffer, tourner, absorber et réémettre de l’énergie... et ce dans le but, par exemple, de détruire une cellule cancéreuse.

La nanomédecine voit la maladie comme un problème qui relève de la physique et non plus de la biologie.
Alors qu’aujourd’hui, les sciences pharmaceutiques se concentrent sur la découverte de substances qui agissent, elles, sur la biologie de l’organisme. Ainsi, contre le cancer du sein, les médecins peuvent utiliser des médicaments qui bloquent la division des cellules cancéreuses.

Problème : la biologie est extrêmement complexe, les interactions au sein d’une simple cellule sont innombrables, difficiles à prévoir et surtout tous les individus ne fonctionnent pas de la même manière. Un même traitement contre le cancer du sein sera très efficace chez certaines femmes, sans effet pour d’autres, voire entraînera chez d’autres encore le développement de résistances des cellules tumorales à ce médicament.

"D’une personne à l’autre, la biologie change. Alors que la physique est la même pour tout le monde. Si vous chauffez ces cellules cancéreuses, elles meurent toutes", explique Laurent Lévy, à la tête de Nanobiotix, une société française qui développe des traitements anticancer à partir de nanoparticules.

La nanomédecine voit donc la maladie comme un problème qui relève de la physique et non plus de la biologie. Pour schématiser, les maladies cardio-vasculaires, par exemple, sont essentiellement des problèmes de pompes et de tuyaux ! Le concept est plaisant et trouve déjà quelques applications comme celles développées par Nanobiotix. "Mais attention, prévient Laurent Lévy, conceptualiser est une chose, le réaliser en est une autre."
Et effectivement, une telle approche exige de réinventer une science du corps humain, à l’échelle nanométrique.

 
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